Mon nom est Personne

Mon-Nom-est-personne_portrait_w858Western-spaghetti de 1973, réalisé par Tonino Valerii.

Scénario : Sergio Leone, Fulvio Morsella et Ernesto Gastaldi

Musique : Ennio Morricone

Avec Henri Fonda (Jack Beauregard) et Terence Hill (Personne).

On peut percevoir ce film comme :

  • Un western élégiaque dans la lignée de ceux de Sam Peckinpah où l’on assiste à la « mort du vieil Ouest ». À l’« époque héroïque » succède le XXe siècle : Jack Beauregard constate amèrement que « même la violence a changé », la horde sauvage étant le parfait exemple de cette nouvelle violence à la fois organisée et anonyme.

Dans le cimetière, Personne lit le nom de Sam Peckinpah sur une croix, avant d’en trouver une autre avec le frère de Beauregard.

  • Une métaphore : le western spaghetti, Terence Hill dans un rôle « à la Trinita », a « assassiné » le western classique américain représenté par Henry Fonda (le personnage qu’il interprète n’est certes pas vraiment tué… mais s’exile en Europe), tout en lui rendant hommage, sans chercher à le rabaisser ou le remplacer.

Mon nom est personne (Personne)Terence Hill revendique dans le film son peu d’importance (« Je ne suis personne »), et admire la retraite sublime d’Henry Fonda : le western italien se pose en farce sympathique avec humilité, et révère son prestigieux prédécesseur.

La musique écrite par Ennio Morricone est, à l’instar du film, pleine d’humour et de références. Le thème musical de la « horde sauvage » (« l’amas sauvage » sur le CD de la BO), où Morricone s’autoparodie, inclut une citation de la Chevauchée des Walkyries de Richard Wagner.
Le « thème de Jack » (« Bonne Chance, Jack / Buena Fortuna, Jack ») inclut une brève citation de My Way (Comme d’habitude). « My Fault » emprunte aussi le début du thème de l’homme à l’harmonica de Il était une fois dans l’Ouest.